Tudo é tédio. Manhã. Olho pela janela.
No alto, risca-se o céu no giz da chuva fria.
Embaixo, a rua. Sob a cerração sombria
Vultos deslizam na água turva de barrela.
Olho sem ver (até meu cérebro regela)
Maquinalmente sobre o vidro que embacia
Meu dedo faz rabiscos de caligrafia.
Bah! Saiamos. Quem sabe, alguma coisa bela.
Nenhum livro. Perfis estúpidos. Ninguém.
Fiacres, lama, e ainda a chuva nos telhados…
Enfim a noite, o gás, volto com pés pesados…
Janto, bocejo, leio, nada me convém…
Bah! Dormir. – Meia noite. Uma. É sem remédio.
Só eu não durmo, só. E tudo é tédio.
Trad.: Augusto de Campos
REPUBLICAÇÃO: poema originalmente publicado na página em 03/08/2016
Spleen
Tout m’ennuie aujourd’hui. J’écarte mon rideau,
En haut ciel gris rayé d’une éternelle pluie,
En bas la rue où dans une brume de suie
Des ombres vont, glissant parmi les flaques d’eau.
Je regarde sans voir fouillant mon vieux cerveau,
Et machinalement sur la vitre ternie
Je fais du bout du doigt de la calligraphie.
Bah ! sortons, je verrai peut-être du nouveau.
Pas de livres parus. Passants bêtes. Personne.
Des fiacres, de la boue, et l’averse toujours…
Puis le soir et le gaz et je rentre à pas lourds…
Je mange, et baille, et lis, rien ne me passionne…
Bah ! Couchons-nous. – Minuit. Une heure. Ah ! chacun dort !
Seul, je ne puis dormir et je m’ennuie encor.

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